Dans les Contes de la rue Broca, écrits par Pierre Gripari dans les Années 1960 (une autre époque), il est question de la sorcière de la Rue Mouffetard. Qui a donné son nom au titre d’un conte. Il était donc tentant d’y aller, pour essayer de retrouver l’endroit où elle vivait.
Pas dans un placard à balais
Làs ! La Rue Mouffetard est longue, plus longue que la Rue de la Clef sa voisine. Trop longue pour espérer trouver le logement de la sorcière sans indices. Pierre Gripari ne donne pas son adresse. Tout au plus nous dit-il qu’il y avait dans cette rue, à l’époque, 267 marchandes et qu’elle y tenait un commerce, par lequel elle cherchait à attirer une petite fille afin de la manger pour retrouver sa jeunesse.
En revanche, Pierre Gripari souligne l’existence de Papa Saïd, avec sa femme bretonne et leurs enfants, un épicier qui tenait aussi une buvette au 69 de la Rue Broca.
C’est donc vers cette adresse qu’il faut aller, d’autant qu’il semble bien y avoir un parfum de vérité dans ces Contes. Certains personnages dont il est question dans le préambule du livre ont vraisemblablement existé. L’auteur parle d’ailleurs d’un Monsieur Pierre qui se déguisait pour effrayer les enfants, qui à leur tour faisaient semblant d’avoir peur.
Une autre époque vous dis-je. Aujourd’hui, Monsieur Pierre avec ses déguisements et ses sorcières prédatrices aurait certainement fini en taule.
De toutes façons, spoiler alert, la sorcière s’est pris un tiroir-caisse sur le carafon. Cervelle en bouillie et tout et tout. Pas joli-joli. Et les 266 autres marchandes aussi, du coup : pour savoir pourquoi et comment, lisez le conte. Mais les médias, rubrique Faits divers, n’en ont même pas parlé.
Un numéro, trois commerces
Encore tout secoué par le récit de ces pulsions cannibales et cette hécatombe, direction Paris 5ème Arrondissement, prenons le chemin de la Rue Broca, encore une fois métro Censier-Daubenton.
Le 69 est un immeuble qui abrite trois commerces et possède une entrée qui permet d’accéder aux logements des étages. Dans lequel de ces commerces l’épicerie-buvette de Papa Saïd se trouvait-elle ?
Le joli restaurant coréen qui se trouve-là ? L’ex-boutique à la grille en fer forgé à rectangles ? Ou ce qui aurait pu être une supérette ? Impossible aujourd’hui de le savoir depuis la rue. Et Pierre Gripari n’est plus là pour nous aider. On ne peut que se perdre en conjectures.
Couleurs
La sorcière, elle, est bien là, un peu plus loin, sous la passerelle du Boulevard de Port-Royal, sur une fresque de chaque côté de la rue, éclairée par des couleurs changeantes. On en saura plus ici sur la Rue Broca.
Mais tant pis pour les amateurs de surnaturel. Elle ne possède pas une atmosphère particulièrement mystérieuse. On peut rejoindre le boulevard depuis la rue (par des escaliers). Et ce croisement-passerelle qui enjambe une voie n’est pas unique à Paris. Si vous-aussi, vous en connaissez d’autres, dites-le nous. 😉
Appa Kitchen
📍 69 rue Broca, 75005 Paris
📷 @appakitchenparis





