Je me souviens de Provins il y a longtemps, écrasée par le soleil, et de cette visite des souterrains dans la ville basse. Leur température constante à 10°C avait été une bénédiction, avant de partir à l’assaut de la ville haute.
Je me souviens de cette étonnante perspective sur les champs dorés qui s’étendaient autour des remparts, en haut : rien n’a jamais été construit ici. Cette partie de la ville est restée telle quelle depuis le Moyen-Âge. Par quel mystère… ? On se dit que l’Office du tourisme pourrait nous renseigner.
Champs environnants
À présent, les arbres ont poussé et font un rideau de verdure le long de la route qui entoure les fossés. Soyez bien entraînés si vous voulez faire le chemin de ronde. Les marches sont hautes, et les escaliers qui montent et qui descendent, nombreux. Préférez donc cette petite route à plat, qui vous donnera une belle vue sur les remparts restaurés autant que sur les champs environnants.
Entrons à l’Office du tourisme, installé dans une ancienne ferme rénovée sans doute, qui arbore fièrement ses trois étoiles comme une hostellerie de charme.
La façade principale donne sur « la halle », de beaux préaux qui servent à l’occasion d’espace pique-nique. Passé les portes coulissantes, on tombe à droite sur une vaste salle claire, où se trouve un plan-relief. Au mur, une vue en perspective en noir et blanc, sans âge, montrant Provins et ses remparts inchangés. Sur le plan-relief, des points rouges lumineux clignotent pour situer les lieux d’intérêt de la ville. Hélas, la seule loupiote qui fonctionnait ce jour-là était celle indiquant l’Office du tourisme ; au moins on sait où on est, direz-vous.
Philippe le Bel
En attendant, vous pouvez vous amuser à y trouver la Tour César, sans doute le monument le plus célèbre de la ville. Elle est ouverte aux visites, mais la vue aux alentours et son incroyable charpente se méritent. Là-aussi, les marches sont nombreuses. Vous repèrerez sans mal également la Collégiale Saint Quiriace, majestueuse mais tronquée, dont la construction fut interrompue faute de finances et par la volonté de Philippe le Bel, qui pour mener ses guerres s’attachait à remplir ses coffres par tous les moyens : en faisant des économies, ou par captation et c’est peu dire. Dire qu’il ne se fit pas apprécier localement serait un euphémisme. La ville plaisait aux rois de France cependant. Plusieurs vinrent après lui, dont Charles VII tout juste couronné accompagné de l’inévitable Jeanne d’Arc.
À gauche en entrant dans l’Office de tourisme, se trouve une salle encore plus vaste avec un long comptoir où l’équipe vous accueille, et des espaces pour partir à la découverte sensorielle du Provinois, de la Bassée et du Montois : les trois provinces au carrefour desquelles se trouve la cité médiévale de Provins, classée au Patrimoine Mondial depuis 2001.
Rose de Provins
En face enfin, la boutique, éclairée de verrières modernes, avec ses livres, t-shirts, chapeaux, vins, jeux, armures, produits régionaux… si grande et si remplie qu’en déambulant dans les allées on a le tournis. Connaissez-vous le brie de Provins ? Et la rose de Provins ? Introduite ici au 13è s. après une croisade, devenue fleur de prestige, elle sert encore dans la confection de pâtisseries, de confitures, de confiseries et de boissons.
La sortie par l’arrière du bâtiment semble confirmer sa vocation agricole initiale. On se retrouve au coeur d’un hameau paisible, le long de l’ancien Chemin de Paris, juste avant d’entrer dans la ville haute résidentielle et tranquille. Essayez aussi de faire un tour dans la ville basse, qui vaut gentiment le détour, comme suggéré dans les dépliants mis à votre disposition.
On ne saura donc pas pourquoi la ville ne s’est jamais étendue au-delà des remparts, à vrai dire j’ai oublié de demander. Mais le bâtiment de l’Office de tourisme de Provins m’a réservé une surprise : il n’a jamais été installé dans une ancienne ferme. Il a été construit en partant d’une page blanche, certes pour évoquer une ferme typique. Mais à sa place, avant, il n’y avait rien. Que des champs.











